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jeudi, 26 janvier 2017 14:54

Le prix CAHUZAC pour 2016

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Comme chaque année, je dois attribuer le prix CAHUZAC.

 

Ce prix récompense les idées fiscales les plus débiles de l'année écoulée.

 

Je propose de faire la liste des nominés de ce prix avant de l'attribuer pour l'année 2016.

 

 

Pourquoi ce prix s'appelle le prix CAHUZAC ?

 

Il fallait bien lui trouver un nom et l'idée est de rendre hommage à l'homme politique qui a battu tous les records de honte politicienne en matière de fiscalité.

 

Quelle est ma définition de la bêtise fiscale ?

 

Selon moi la fiscalité doit être faite pour financer les dépenses de l'Etat, en répartissant au mieux la charge de l'impôt selon les moyens des citoyens.

Pour cela, l'impôt doit être le plus neutre possible et gêner le moins possible la vie sociale et économique.

Je suis donc très hostile à la fiscalité incitatrice ou punitive qui prétend orienter les comportements des citoyens car j'observe, qu'en pratique et sur le terrain, ce type de fiscalité active aboutit à de nombreux effets pervers totalement méconnus de nos amis les politiciens.

Parmi ces effets pervers, il faut citer notamment la complexité délirante du droit fiscal, le développement des évasions et des fraudes, les litiges, les rappels injustes visant les contribuables mal informés, les dérives de la défiscalisation, etc.

Malheureusement, les politiciens sont d'un autre avis : la fiscalité est faite selon eux pour faire parler d'eux et développer les idées les plus délirantes, sans s'intéresser à la question de savoir quels seront les effets concrets réels des mesures par rapport aux buts poursuivis. L'enfer fiscal est pavé de bonnes intentions.

Le prix 2015 avait été attribué à Yves JEGO qui proposait d'instaurer une TVA kilométrique, c’est-à-dire une TVA calculée en fonction de la distance parcourue entre la fabrication d'un produit et son lieu de vente.

Cette année, pour les pires idées fiscales de l'année 2016, j'ai retenu les nominés suivants :

 

1) La taxe sur les robots

 

C'est une proposition de M. Benoit HAMON pour financer le revenu universel.

Il s'agit de financer la protection sociale par les méchants robots qui viennent prendre le travail de nos gentils ouvriers.

"Si demain une machine remplace un homme et crée de la richesse, il est normal qu'elle cotise pour la protection sociale" a confié le député des Yvelines, citant l'exemple des portiques remplaçant les caissières dans les grandes surfaces.

Mon avis perso : pourquoi s'arrêter aux robots ? Avec cette logique, il faudrait taxer en fait toutes les machines, et même tous les outils. Je pense que même les silex devraient être taxés et quand tarzan utilise une liane pour se déplacer, il devrait aussi payer une petite taxe.

 

2) Le bouclier fiscal pour les pauvres

 

C'est Vincent PEILLON, l'auteur de cette idée. Il déclare :

"On a pensé à une époque protéger les plus riches des prélèvements obligatoires, on n'a pas pensé à protéger les plus modestes, je ferai la proposition d'un bouclier fiscal pour les plus modestes, c’est-à-dire d'un reste à vivre fiscal." Le bouclier serait calculé en prenant en compte "des impôts qui ont considérablement augmenté ces dernières années, à commencer par les impôts locaux, la taxe d'habitation et aussi un certain nombre de taxes énergétiques".

Mon avis perso : le bouclier fiscal de SARKOZY mérite largement un prix CAHUZAC d'honneur et il faut souligner un louable effort de recycler l'idée, cette fois avec une sensibilité de gauche.

 

3) La taxe sur le soleil

 

Il s'agit d'une idée qui mérite de recevoir un prix dans la catégorie idée débile fiscale étrangère.

En effet, il s'agit d'un projet du Portugal. L'idée est de taxer les logements les plus ensoleillés et disposant de la plus belle vue.

Les biens les plus ensoleillés auraient une majoration de leur taxe foncière.

Mon avis perso : A Lille, ils sont pour.

C'est vrai que baser la taxe foncière sur la valeur du bien c'est trop simple et sans fantaisie, alors qu'il y a tant d'autres critères possibles plus rigolo.

 

4) La TVA climatique

 

L'auteur est M. Matthieu LAMBEAU, directeur général du transformateur français de fruits ST MAMET :

"Le but n'est pas de créer un impôt mais de permettre aux industriels de l'agroalimentaire, et aux agriculteurs qui les fournissent, d'absorber le choc d'un épisode de grêle ou bien d'un hiver trop rude en leur redistribuant le fruit de cette taxe."

Mon avis perso : les agriculteurs ont évidemment besoin d'une taxe qui les protège de la grêle mais il faut étendre la mesure à toute la population. Ainsi toute personne qui s'estimerait injustement victime de la météo pourrait enfin être indemnisée.

 

5) L'année blanche 2017

 

A l'initiative de François HOLLANDE, le prélèvement à la source a été voté et la mesure est sensée s'appliquer en 2018 pour la première fois, sauf si le prochain président y met fin prématurément.

Pour rattraper le décalage d'un an, l'année 2017 est une année blanche sans impôt. Plus exactement, les revenus de l'année 2016 seront taxés en 2017, les revenus 2018 seront taxés en 2018, et les revenus 2017…ne seront jamais taxés. Enfin, pas tout à fait.

Une formidable usine à gaz a été mise en place pour éviter les schémas d'évasion. Mais évidemment cela n'arrêtera pas les petits malins, vus les gains potentiels monstrueux. Si la mesure est maintenue, l'année 2017 sera une année record pour l'optimisation fiscale, puis ensuite les litiges.

Mon avis perso : ce quinquennat se termine en fanfare fiscale. Il faut dire que François Hollande nous avait déjà bien gâtés avec notamment l'idée de soumettre les plus-values sur titres au barème de l'impôt sur le revenu.

 

 

Et maintenant, il reste à attribuer le prix.

Roulement de tambour, je déchire l'enveloppe.

Le prix est attribué à l'unanimité du jury (moi) à Benoit HAMON, peut-être notre prochain président. Planquez vos robots.

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